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Marchés des céréales - Gilles Girault, Axereal : « Il faut profiter aujourd’hui de cette très bonne fenêtre » — News and photos on Allbiz France
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Marchés des céréales - Gilles Girault, Axereal : « Il faut profiter aujourd’hui de cette très bonne fenêtre »

19 Aug 2010 08:04 | Marche agricole

Depuis deux mois les marchés des matières premières explosent. La volatilité sur les marchés des céréales est de retour et met sous tension les marchés agricoles.



Pour Gilles Girault, responsable des ventes chez Axereal, une chose est sûre : l'embargo russe est une opportunité pour la commercialisation de la production française de blé. Interview.

Terre-net Média (Tnm): Quelle analyse faites-vous de la situation actuelle des marchés ?



Gilles Girault (GG), responsable des ventes, Axereal : La situation est tendue. Elle se caractérise par une forte volatilité. Pourtant la production mondiale évaluée n'est pas déficitaire et le stock de report est correct.



La production mondiale en 2010 est estimée d'après le dernier rapport Usda à 645 millions de tonnes pour fin août, en incluant une baisse de 30 de la récolte russe. En 2009, elle était de 680 millions de tonnes. 35 millions de tonnes en moins, ce n'est pas énorme. Le stock de report en fin de campagne 2010/2011 de commercialisation devrait être de 175 millions de tonnes contre 194 pour la 2009/2010. Malgré cette baisse nous sommes encore loin de la situation de 2007/2008, où les stocks étaient de 125 millions de tonnes. Aujourd'hui, au niveau mondial, il y a suffisamment de production pour faire face à la demande.

« Il ne faut pas stocker, car c'est maintenant que nous avons la demande »

Tnm : Pourquoi les marchés se sont-ils envolés ?

GG : La hausse des prix sur les marchés depuis ces deux derniers mois est principalement due aux problèmes que connaît la Russie et notamment la mise en place jusqu'au 31 décembre 2010 de l'embargo russe sur l'export des céréales. Et comme les acteurs russes avaient déjà vendu des blés à leurs clients (pays du bassin méditerranéen, essentiellement), l'instauration de ce «ban» (embargo, ndlr) a posé un certains nombre de problèmes. Pour les blés vendus sous la mention «origine Russe», le ban permet aux vendeurs de ne pas livrer le contrat, obligeant le pays acheteur à se recouvrir en assumant la différence de prix. Par contre, pour les acteurs ayant vendus sous «origine Mer Noire» sans préciser «origine Russie», c'est à eux de se recouvrir avec des blés étrangers pour honorer leur contrat. Ces grosses quantités perturbent aujourd'hui les marchés.

Cette forte demande court terme est bénéfique au blé français car c'est actuellement l'un des seuls disponibles sur le marché, d'autant plus que les pays livrés par les blés russes sont aussi nos clients. Toutefois, les blés américains commencent à être compétitifs. Les prix Caf (rendu port du client) sont désormais au même niveau que les tarifs français. Hier, mardi 17 août, 55.000 tonnes de blés américains ont été achetées par l'Egypte.

Dans 3 à 4 mois nous aurons d'autres concurrents

Il faut profiter aujourd'hui de cette « très bonne fenêtre » pour exporter notre marchandise. Il ne faut pas la stocker, car c'est maintenant que nous avons la demande. Dans 3 à 4 mois nous aurons d'autres concurrents, avec les pays de l'hémisphère sud. Ce qui est important, c'est de disposer de la marchandise. De juillet à décembre, c'est 50 du commerce mondial qui se réalise.
Tnm : Comment le marché va-t'il évoluer ses prochains jours ?

GG : Depuis le début de semaine, le marché à tendance à rebaisser un peu. Mais les prix restent convenables (supérieur à 200€/tonne), même s'il est toujours très difficile dans ce contexte de faire des prévisions. Les marchés à terme sont très actifs. Il y a des journées où il s'échange plus de 50.000 lots, soit plus de 2,5 millions de tonnes. Jeudi 5 août dernier, il s'est échangé l'équivalent de 10 de la production française. Ces gros volumes et les nombreuses interventions sur les marchés ont pour conséquence de créer une forte volatilité.

L'équilibre des marchés n'est pas encore trouvé

Il est donc très difficile de donner des tendances d'évolution. Ce qui est certain par contre, c'est qu'il va encore y avoir de fortes variations de prix. L'équilibre des marchés n'est pas encore trouvé, ce qui promet une forte volatilité pour la fin de la campagne de commercialisation de 2010/2011.

Ce qu'il faut regarder à présent c'est la production de l'hémisphère sud et les perspectives d'ensemencement de 2011. Compte tenu de la sécheresse en Russie, il était envisagé que les semis ne se réalisent pas dans les meilleures conditions. Le fait qu'il puisse pleuvoir en Russie dans les prochains jours est un élément qui a fait baisser les marchés depuis le début de semaine.14 millions de tonnes à l'export en moins
Les dernières estimations de la production russe sont de 45 millions de tonnes, soit 30 de la récolte en moins par rapport à la précédente récolte. En 2009, elle était de 61 millions de tonnes, pour 14 millions de tonnes exportées.
Un quota de 2,5 millions de tonnes pour l'Ukraine
Avec une récolte en baisse, l'Ukraine n'exportera pour l'instant pas plus de 2,5 tonnes de céréales.





La source:  Terre-net.fr

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