forbot
Tous les pays
Réanimation : un milieu dur pour les malades, leur famille et les soignants — News and photos on Allbiz France
La devise (EUR)
Réanimation : un milieu dur pour les malades, leur famille et les soignants — News and photos on Allbiz France
Tous les sections
All.BizFranceLes nouvellesScience et technologiesRéanimation : un milieu dur pour les malades, leur famille et les soignants

Réanimation : un milieu dur pour les malades, leur famille et les soignants

25 Fev 2011 08:21 | Science et technologies

Il faut humaniser les services de réanimation. C'est l'avis de l'Académie nationale de médecine qui a consacré sa session, hier, à ces unités bien particulières, très stressantes pour les malades, leurs proches et l'ensemble du personnel soignant. Elle a d'ailleurs émis un certain nombre de recommandations pour améliorer la situation. Résumé des interventions avec le professeur Jean-Roger Le Gall, médiateur à l'hôpital Saint-Louis (Paris), membre correspondant de l'Académie et qui a été le modérateur des débats.

Le Point.fr : Quels sont les principaux problèmes rencontrés par les personnes admises en réanimation ?

Pr Le Gall : Il y a évidemment d'abord ceux qui sont à l'origine de l'arrivée en réanimation et ceux liés aux moyens utilisés pour sauver le malade (mise en place de sondes, de cathéters, intubation...). La première plainte porte sur le bruit, provoqué par les machines, les conversations, voire les talons des infirmières. Il dépasse parfois 90 dB, c'est plus qu'une autoroute. Il faut donc le réduire. La douleur arrive en deuxième position. Malgré les précautions prises, elle est citée par la moitié des malades ; elle est suivie par l'inconfort. La soif est également très mal vécue même si, en plus des perfusions, on hydrate la bouche des patients avec des compresses humides.

Côté psychiatrique, les conséquences sont impressionnantes...

Oui, selon le spécialiste qui a communiqué sur le sujet, 15 des patients hospitalisés en réanimation, en France, ont peur d'être assassinés, 10 % craignent d'être abandonnés, 30 % ont des hallucinations, 37 % des sensations de mort imminente et 54 % d'étouffement. Il faut ajouter à cette liste des épisodes de dépression, des troubles de la conscience, une désorganisation de la pensée et de très fréquents troubles du sommeil ainsi que des cauchemars. Quand la lumière est allumée en permanence, les malades ne savent plus si c'est le jour ou la nuit. C'est d'ailleurs pourquoi on place maintenant une horloge au pied de leur lit.

Que faites-vous pour aider les familles ?

Actuellement, dans la plupart des unités, elles peuvent venir 24 heures sur 24. C'est nouveau ; c'est dû à l'association Famirea que nous avons fondée à l'hôpital Saint-Louis il y a onze ans et qui est maintenant active dans l'ensemble de la France. Toutes les études prouvent que l'implication et la présence des proches sont importantes pour les patients, pour les familles et pour les soignants. Mais il faut d'abord préparer les parents, pour qu'ils ne soient pas trop choqués par ce qu'ils vont voir. Il est également primordial de parler longuement avec eux quand il y a des décisions à prendre, et notamment quand on passe à la limitation, puis à l'arrêt progressif des traitements actifs, lorsque le malade va mourir. C'est l'application de la loi Leonetti, et ces conférences particulières réduisent leur anxiété et leur dépression.

Comment le personnel soignant supporte-t-il tout cela ?

Mal. Selon les études les plus récentes, un syndrome sévère d'épuisement est présent chez la moitié des médecins et un tiers des infirmières de réanimation. Cela s'explique, chez les médecins, par un nombre d'heures de travail et de gardes de nuit très élevé. Pour les infirmières, la principale difficulté est de soigner des patients en fin de vie, surtout quand ils sont jeunes. De plus, les conflits entre soignants sont fréquents en raison du niveau de stress. C'est pourquoi il est indispensable d'organiser des réunions, des groupes de parole, et que les décisions d'arrêter le traitement d'un malade soient prises avec l'accord de tous.

La source:  http://www.lepoint.fr

Les nouvelles de la rubrique: Science et technologies

Comparez0
ClearLes éléments sélectionnés: 0